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Mercedes EQB 250+ : fiche technique, autonomie et avis complet
24 avril 2026 par Bernard Castelli
9 minutes de lecture
Le Mercedes EQB 250+ est l'un des rares SUV électriques à proposer une configuration 7 places sous la barre des 50 000 €. Un positionnement familial assumé, hérité du GLB thermique, qui en fait une alternative sérieuse aux Tesla Model Y et autres Audi Q4 e-tron. Mais qu'est-ce qu'il vaut vraiment sur le terrain ? Quelle autonomie réelle ? Quelles différences avec les versions 300 et 350 ? On fait le tour.
L'histoire du Mercedes EQB et la place du 250+
L'EQB a été présenté en 2021 lors du Salon de Shanghai, puis lancé commercialement en Europe en 2022. Il fait partie de la famille EQ, la gamme 100% électrique de Mercedes, aux côtés de l'EQA, l'EQC, l'EQE et l'EQS. Sa particularité : c'est le seul SUV électrique Mercedes à proposer sept places, ce qui reste encore rare sur le segment en 2026.
Un restylage est intervenu en 2023, avec une nouvelle calandre, des optiques revues et surtout l'arrivée de la version 250+, qui vient remplacer l'ancien EQB 250 d'entrée de gamme. Le suffixe « + » n'est pas anodin : il désigne la version à grande autonomie, équipée d'une batterie plus généreuse et d'une gestion énergétique optimisée pour les longs trajets.
Au-delà du design, l'EQB repose sur la plateforme MFA2, initialement conçue pour des modèles thermiques. C'est à la fois sa force (rigidité connue, processus industriel maîtrisé) et sa faiblesse (packaging batterie moins optimal qu'une plateforme native électrique comme la MMA que Mercedes déploie sur ses modèles plus récents).
Les versions disponibles dans la gamme EQB
Avant d'entrer dans le détail technique du 250+, il faut comprendre où il se situe dans la gamme. Mercedes propose trois déclinaisons principales, avec des philosophies très différentes.
EQB 250+, la version autonomie
C'est la version qui nous intéresse ici. Traction avant, moteur unique de 190 ch, batterie de 70,5 kWh utiles et jusqu'à 534 km WLTP. C'est la plus légère de la gamme et celle qui consomme le moins. Elle est conçue pour les familles qui roulent beaucoup et privilégient la sobriété à la sportivité.
EQB 300 4MATIC
Version à transmission intégrale, 228 ch, batterie plus petite (66,5 kWh) et autonomie réduite à environ 400 km. Elle s'adresse aux conducteurs qui veulent une meilleure motricité, notamment en montagne ou sur routes enneigées.
EQB 350 4MATIC
Le haut de gamme, avec 292 ch, un 0 à 100 km/h abattu en 6,2 secondes et une autonomie d'environ 419 km. Plus dynamique mais moins efficient.
Le tableau ci-dessous résume les écarts principaux :
| Version | Transmission | Puissance | Batterie utile | Autonomie WLTP |
|---|---|---|---|---|
| EQB 250+ | Traction | 190 ch | 70,5 kWh | 534 km |
| EQB 300 4MATIC | Intégrale | 228 ch | 66,5 kWh | ~400 km |
| EQB 350 4MATIC | Intégrale | 292 ch | 66,5 kWh | ~419 km |
Fiche technique détaillée du EQB 250+
Passons au concret. Le 250+ mesure 4,68 m de long pour 1,83 m de large et 1,67 m de haut, avec un empattement de 2,83 m. Sur le papier, c'est un SUV compact, mais son architecture haute lui offre une habitabilité remarquable, notamment aux places arrière.
Motorisation et performances
Sous le capot avant, un moteur synchrone à aimants permanents de 140 kW, soit 190 chevaux, avec 385 Nm de couple disponibles instantanément. La transmission est simple : traction avant avec boîte mono-rapport, comme sur la quasi-totalité des électriques. Le 0 à 100 km/h s'effectue en 8,9 secondes, et la vitesse maximale est bridée à 160 km/h pour préserver l'autonomie.
Ce n'est pas une sportive. Et Mercedes ne cherche pas à le faire croire. L'idée, c'est la disponibilité du couple en ville et sur départementale, plus que la performance pure.
Batterie et autonomie
La batterie lithium-ion affiche une capacité brute de 79,8 kWh, dont environ 70,5 kWh réellement exploitables. Mercedes réserve donc près de 10 kWh en tampon pour préserver la longévité des cellules, ce qui est plutôt prudent.
Côté autonomie, les chiffres annoncés sont les suivants :
- WLTP mixte : jusqu'à 534 km
- Usage mixte réel : environ 400 km
- Autoroute à 130 km/h : autour de 300 km
- Usage urbain optimisé : jusqu'à 690 km dans des conditions idéales
En pratique, tablez sur une consommation moyenne de 16 à 17 kWh/100 km, ce qui est correct pour un SUV de 2,1 tonnes, sans plus.
Recharge
C'est le point faible technique de l'EQB. Le chargeur embarqué accepte 11 kW en AC, soit une recharge complète en environ 5 à 6 heures sur wallbox triphasée. Rien à redire.
En courant continu (DC), la puissance maximale plafonne à 100 kW. Concrètement, un 10-80% prend environ 26 minutes. C'est acceptable, mais la concurrence fait mieux : les Tesla Model Y dépassent 200 kW, et même des modèles moins chers comme le Kia EV6 atteignent 240 kW. Sur de longs trajets, la différence se fait sentir.
Comportement routier et confort
Le châssis repose sur des suspensions McPherson à l'avant et un train multibras à l'arrière. C'est une architecture classique, bien maîtrisée, qui privilégie le confort. Le roulis est présent en virage serré, mais la tenue de cap reste saine.
La direction à assistance électrique manque un peu de consistance à haute vitesse, mais elle est précise en ville. Et les aides à la conduite ADAS de niveau 2 (régulateur adaptatif, maintien de voie actif, freinage d'urgence) font du travail sérieux sur longs trajets.
Le freinage combine disques ventilés à l'avant et disques pleins à l'arrière, avec un système de régénération réglable via les palettes au volant. Quatre niveaux sont disponibles, du roue libre quasi-total au freinage monopédale. Une fois habitué, on ne touche presque plus à la pédale de frein.
Sur autoroute, l'insonorisation est excellente, sans doute l'un des meilleurs points du véhicule. Le silence du groupe motopropulseur, combiné aux bons traitements phoniques de l'habitacle, en fait une vraie routière familiale.
Habitacle, ergonomie et configuration 7 places
L'intérieur est du pur Mercedes : deux écrans de 10,25 pouces sous une même dalle, finition soignée, aérateurs turbines reconnaissables. Le système MBUX gère la navigation, l'info-divertissement et la commande vocale (« Hey Mercedes ») avec une fluidité remarquable.
La configuration 7 places mérite une précision. Les deux sièges du troisième rang sont escamotables dans le plancher et accessibles via un rang médian coulissant. Soyons honnêtes : ils sont réservés aux enfants ou aux trajets courts. Au-delà d'1,65 m, l'espace aux jambes devient insuffisant. Mais pour déposer deux copains à l'école ou embarquer les cousins le week-end, c'est parfait.
Le coffre évolue selon la configuration :
- 5 places : 495 L
- 7 places utilisées : environ 110 L
- Banquette rabattue : jusqu'à 1 700 L
Autre détail qui compte : un toit panoramique et des sièges chauffants sont disponibles en option, tout comme la pompe à chaleur, vivement recommandée pour préserver l'autonomie en hiver.
Consommation réelle et coût d'usage
Sur un an d'utilisation mixte, la plupart des propriétaires relèvent une consommation autour de 17 à 19 kWh/100 km en hiver, et 14 à 16 en été. À domicile, avec un tarif heures creuses autour de 0,16 €/kWh, le coût au 100 km tourne entre 3 et 5 €.
Sur bornes rapides, la facture grimpe logiquement. Un plein à 80% sur un Ionity non abonné peut coûter plus de 35 €, ce qui rapproche le coût au kilomètre d'un diesel moderne. D'où l'importance de recharger majoritairement à domicile ou sur borne lente.
L'entretien, lui, est très léger : pas de vidange, pas de courroie, pas de filtres moteur. On surveille les pneus (qui s'usent vite avec le poids), les plaquettes (peu sollicitées grâce à la régénération) et le liquide de refroidissement de la batterie. Mercedes garantit la batterie 8 ans ou 160 000 km, avec un maintien d'au moins 70% de sa capacité.
Prix neuf et cote en occasion
En 2026, le Mercedes EQB 250+ neuf démarre autour de 46 950 € en finition de base, et peut dépasser 60 000 € en configuration Edition AMG Line avec options. C'est un positionnement cohérent face à un Audi Q4 e-tron ou un BMW iX1, avec l'argument unique des 7 places.
Sur le marché de l'occasion, la cote s'est stabilisée après la chute générale des VE en 2024-2025 :
- Dès 30 000 € pour des modèles 2022 avec fort kilométrage
- 40 000 à 45 000 € pour un EQB 250+ de 2023-2024 bien équipé
- 50 000 à 55 000 € pour des modèles récents très peu roulés
L'occasion reste une piste intéressante, à condition de vérifier l'état de santé de la batterie (SoH) via le concessionnaire. Un SoH supérieur à 92% après 50 000 km est un bon signe.
Forces et limites du EQB 250+
Résumons ce que vaut vraiment ce SUV électrique familial.
Les points forts
- Une autonomie de 534 km WLTP, parmi les meilleures de sa catégorie
- La configuration 7 places, unique chez Mercedes en électrique
- Finition et insonorisation premium
- Système MBUX fluide et aides à la conduite sérieuses
- Consommation raisonnable grâce à la version efficience
Les limites
- Recharge rapide plafonnée à 100 kW, en retrait face à la concurrence
- Poids élevé (plus de 2,1 tonnes) qui pénalise l'agilité
- Plateforme MFA2 non dédiée électrique, donc packaging moins optimal
- Performances modestes (0-100 km/h en 8,9 s)
- 3ᵉ rang vraiment limité aux enfants
À qui s'adresse vraiment le EQB 250+
Si vous cherchez une voiture familiale électrique polyvalente, qui fait aussi bien les trajets domicile-travail que les vacances à six, c'est sans doute l'un des choix les plus pertinents du marché. Son autonomie, son confort et sa modularité en font un vrai outil du quotidien.
En revanche, si vous roulez beaucoup sur autoroute et que les arrêts recharge longs vous agacent, le EQB 250+ montrera vite ses limites. Dans ce cas, une Tesla Model Y ou un Kia EV9 feront un meilleur travail, quitte à perdre un peu en cachet.
Et si votre budget est plus serré, sachez que des alternatives comme le Peugeot e-5008 en 7 places arrivent aussi sur ce segment, avec des tarifs souvent plus accessibles. Reste que pour un acheteur Mercedes dans l'âme, qui veut l'étoile sans se ruiner dans un EQE SUV, le 250+ reste un compromis très rationnel.
Questions fréquentes sur le Mercedes EQB 250+
Quelle est l'autonomie réelle du EQB 250+
Comptez 400 km en usage mixte, 300 km sur autoroute à 130 km/h, et jusqu'à 500 km en conduite douce. L'hiver, prévoyez une perte de 15 à 20% si vous n'avez pas la pompe à chaleur en option.
Combien de temps pour recharger le EQB 250+
Environ 5 à 6 heures sur wallbox 11 kW à domicile, et 26 minutes pour passer de 10 à 80% sur borne rapide 100 kW. Sur prise domestique classique, comptez plus de 30 heures, ce qui reste dépannage uniquement.
Le EQB 250+ est-il fiable
Les retours utilisateurs sont globalement bons. L'architecture mécanique simple et la garantie batterie 8 ans / 160 000 km rassurent. Quelques soucis ponctuels d'électronique MBUX ont été rapportés sur les premiers millésimes, généralement réglés par mise à jour logicielle.
EQB 250+ ou Tesla Model Y, que choisir
Le Model Y l'emporte sur la recharge rapide, les performances et le réseau de Superchargeurs. L'EQB 250+ gagne sur la finition, le silence de roulement et surtout la configuration 7 places, absente du Model Y. Le choix dépend de votre usage principal.